Espèces invasives

Introduites par l’Homme, les espèces invasives sont de plus en plus fréquentes. Elles créent des désequilibres au sein des écosystèmes et menacent la biodiversité et la survie de certaines espèces !

Une espèce invasive ou espèce exotique envahissante peut se définir comme :
« une espèce allochtone dont l’introduction par l’Homme (volontaire ou fortuite), l’implantation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques ou économiques ou sanitaires négatives » (UICN 2000, McNeely et al. 2001, McNeely 2001).
Toutes les espèces introduites ne sont donc pas considérées comme invasives. Ainsi, par exemple, un grand nombre d’espèces de poissons présentes dans le lac de Cazaux-Sanguinet correspondent à des espèces introduites, il y a plus ou moins longtemps : gambusie, poisson chat, perche soleil, grémille, carpe commune, black-bass, sandre, etc. Or, toutes ne sont pas considérées comme espèces envahissantes.
C’est la menace que ces espèces font peser sur l’écosystème, sur la santé ou sur l’économie qui en fait des espèces dites invasives.

L’introduction d’une espèce extérieure au sein d’un écosystème entraine des modifications pouvant conduire à un déséquilibre. Selon les bouleversements engendrés par l’espèce introduite et selon la capacité de résilience de l’écosystème, il pourra retrouver un équilibre, plus ou moins proche de l’état initial.
Ces déséquilibres proviennent souvent de nouvelles concurrences entre l’espèce envahissante et une ou plusieures espèces indigènes. L’espèce introduite pouvant notamment accaparer des ressources nécessaires aux espèces indigènes ou se nourrir directement de celles-ci.

Comment expliquer leur prolifération

Les espèces invasives sont aujourd’hui extrêmement nombreuses et constituent un enjeu fort de lutte contre la réduction de la biodiversité à l’échelle nationale et mondiale. Globalement, leur explosion s’explique par le développement des transports et des échanges (sous toutes leurs formes).
Il peut s’agir d’échanges commerciaux où l’introduction peut être involontaire ou volontaire (à des fins alimentaires, nouveaux animaux de compagnie, plantes d’ornement, etc.) mais également d’introductions individuelles suite à des voyages par exemple.

Si la lutte contre ces espèces une fois installées peut permettre de limiter leur prolifération, il s’agit souvent de solutions coûteuses en énergie et sur le plan financier (désherbage, arrachage, piégeage, etc.). La prévention reste la méthode la plus efficace. En ce sens, il est important de rappeler que l’introduction, le prélèvement ou le déplacement d’espèces peut avoir des conséquences dramatiques.

Le 13 juillet 2016, l’Union européenne a publié la liste des espèces exotiques envahissantes menaçant la biodiversité et les activités économiques, et qui a vocation à être mise à jour tous les 6 ans. Cette liste comprend :
  • des végétaux : baccharis à feuilles d’arroche, berce de Perse, berce Sosnowski, cabombe de Caroline, faux arum, grand lagarosiphon, grande camomille, hydrocotyle fausse-renoncule, jacinthe d’eau, jussie à grandes fleurs, jussie rampante, kudzu, myriophylle du Brésil, renouée perfoliée ;
  • des mammifères : coati roux, écureuil à ventre rouge, écureuil fauve, écureuil gris, mangouste de Java, muntjac de Reeves, ragondin, raton laveur, tamia de Sibérie ;
  • un amphibien : grenouille taureau ;
  • un reptile : tortue de Floride ;
  • des oiseaux : corbeau familier (ou corneille de l’Inde), érismature rousse, ibis sacré ;
  • un insecte : frelon asiatique ;
  • des poissons : goujon asiatique, goujon de l’Amour ;
  • des crustacés : crabe chinois, écrevisse américaine, écrevisse de Californie, écrevisse de Louisiane, écrevisse des marais, écrevisse virile.

Il s’agit d’une liste nécessairement non exhaustive, mais l’on pourra s’étonner de l’absence de certaines espèces tel que le vison d’Amérique par exemple, qui entre en concurrence avec le vison d’Europe, protégé.

Plusieurs espèces de la liste européenne sont présentes dans et aux alentours du lac de Cazaux-Sanguinet, alors que d’autres espèces ne sont pas répertotiés ici mais représentent un danger à un niveau inférieur (local, régional ou national).

Grand lagarosiphon

Nom : Grand lagarosiphin – Lagarosiphon major
Description : plante aquatique surtout présente dans les milieux riches en éléments minéraux. On la retrouve dans les étangs, chenaux et fossés, bordures de plan d’eau à faibles débits estivaux, etc. Par ses capacités de croissance et de multiplication, le grand lagarosiphon forme rapidement des herbiers mono-spécifiques denses qui empêchent le développement des espèces locales et entraine le comblement du milieu par accumulation de litière produite par la plante.
Origine : Afrique du Sud

Pectinatella Magnifica

Nom : Pectinatelle – Pectinatella Magnifica
Description : Présente sous forme de colonies, visqueuses au toucher mais de consistance ferme, fixées au substrat. Elle est formée par une gelée commune, autour de laquelle se distribuent les individus appelés zoïdes. Elle apprécie les eaux à faible débit, non polluées et chaudes. Le recouvrement des supports est susceptible de nuire à certaines espèces autochtones et elle pourrait être concurrente d’autres organismes microphages filtreurs. Son arrivée récente sur le lac de Cazaux-Sanguinet et sa dispersion accélérée représente un risque non évalué à surveiller.
Origine : Amérique du Nord
Pectinatella magnifica est une espèce envahissante qui a fait son apparition récemment sur le lac de Cazaux - Sanguinet.

Pectinatella magnifica est une espèce envahissante qui a fait son apparition récemment sur le lac de Cazaux – Sanguinet.

Jussie rampante

Nom : Jussie rampante – Ludwigia peploides
Description : Plante herbacée rampante, ses feuilles sont de couleur vert luisant et ses fleurs jaune vif. Sous forme d’herbiers aquatiques très denses, immergées ou émergées, elle apprécie les eaux très ensoleillées, stagnantes ou à faible débit et fût introduite pour fleurir les bassins et les aquariums. Elle concurrence la flore aquatique immergée en empêchant la pénétration de la lumière et en occupant toute la niche écologique. Peu sensibles à la qualité de l’eau, elle fait preuve d’une grande capacité d’adaptation. Elle peut entraîner une accélération du comblement du milieu par accumulation de matière organique et entraver le bon fonctionnement de systèmes d’irrigation et de drainage.
Origine : Amérique du Sud
La jussie peut empêcher la lumière de pénétrer et favoriser l'accumulation de matière organique.

La jussie peut empêcher la lumière de pénétrer et favoriser l’accumulation de matière organique.

Ecrevisse de Louisiane

Nom : Ecrevisse de Louisiane – Procambarus clarkii
Description : De couleur généralement sombre (de noirâtre à orange foncé), omnivore, résistantes aux eaux polluées et pauvres en oxygène, elle peut également parcourir de grandes distances sur terre pour rejoindre un nouveau milieu. Elle rentre en compétition directe avec les écrevisses indigènes. Porteuse saine de la peste des écrevisses, elle favorise sa transmission aux populations locales. Elle creuse également des terriers de près de 2 mètres fragilisant les berges et troublant l’eau.
Origine : Mexique et Sud Est des Etats Unis
L'écrevisse de Louisiane est une espèce invasive qui entre en concurrence avec les espèces autochtones et peut créer des dégâts dans les berges.

L’écrevisse de Louisiane est une espèce invasive qui entre en concurrence avec les espèces autochtones et peut créer des dégâts dans les berges.

Ragondin

Nom : Ragondin – Myocastor coypus
Description : Introduit au XIXème siècle pour sa fourrure, ce gros rongeur (jusqu’à 10kg) au pelage brun, herbivore et bon nageur (pattes postérieures palmées), se reconnait facilement par ses grandes incisives orange. Il vit surtout dans les eaux stagnantes et à faible débit. La construction de terriers et galeries favorise l’érosion des berges et sa forte consommation de végétaux aquatiques peut menacer certaines espèces. Il peut également transmettre certaines maladies (douve du foie, leptospirose).
Origine : Amérique du Sud
Le ragondin participe à la fragilisation des berges par la construction de terriers.

Le ragondin participe à la fragilisation des berges par la construction de terriers.

Tortue de Floride

Nom : Tortue de Floride – Trachemys scripta elegans
Description : De couleur vert olive, avec une carapace zébrée de jaune et les tempes rouges, la tortue de Floride peut atteindre 2 kg. Présente essentiellement dans les eaux stagnantes et à faible débit. La plus grande nuisance concerne la Cistude d’Europe avec laquelle elle partage le milieu de vie et entre en concurrence. Plus grosse, plus opportuniste (omnivore), elle peut également transmettre des parasites aux espèces locales.
Origine : Amérique du Nord et Centrale

Perche soleil

Nom : Perche soleil – Lepomis gibbosus
Description : Poisson qui mesure jusqu’à 15 cm et fût introduit comme poisson d’agrément pour les aquariums. De couleur vive à dominante bleu et vert sur le dos, les flancs étant jaune orangé, il fréquente les eaux calmes. La femelle dépose 1500 à 3000 œufs dans un nid construit et défendu par le mâle. Carnassier, il consomme volontiers les oeufs et alevins d’autres poissons et figure sur la liste des espèces de susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques.
Origine : Amérique du Nord
Susceptibles d'engendrer des déséquilibres, les populations de perche soleil semblent aujourd'hui stable dans le lac.

Susceptibles d’engendrer des déséquilibres, les populations de perche soleil semblent aujourd’hui stable dans le lac.

Poisson chat

Nom : Poisson chat – Ameiurus melas
Description : Poisson sans écailles, d’environ 20cm, dont les premiers individus se seraient enfuis des aquariums du Muséum d’Histoire Naturelle à Paris. Particulièrement résistant et supportant le manque d’oxygène il présente une grande adaptabilité et un fort potentiel de colonisation. La reproduction se déroule sur un nid préparé par le couple géniteur. La ponte et les alevins, regroupés en boules, sont ensuite protégés par le mâle. Omnivore et compétiteur, il limite les ressources alimentaires des autres espèces.
Origine : Amérique du Nord

Gambusie

Nom : Gambusie – Gambusia affinis
Description : Introduit pour lutter contre la prolifération des moustiques, c’est un petit poisson de couleur assez terne, légèrement grise, brune ou verdâtre. La femelle est plus grosse que le mâle (7cm contre 3cm). Il est connu pour ses capacités d’adaptation : il supporte des eaux à teneur très faible en oxygène et des taux de salinité très élevés. Ovovivipare, il dispose d’un fort pouvoir reproductif. Prédateur de moustiques et d’invertébrés, il apprécie aussi les œufs d’autres espèces de poissons qu’il peut mettre en péril. Il est hôte potentiel de parasites helminthes, transmissible aux autres espèces.
Origine : Amérique du Nord

Vison d’Amérique

Nom : Vison d’Amérique – Mustela vison
Description : Le Vison d’Amérique a été introduit en Europe pour l’exploitation de sa fourrure. Morphologiquement très proche de l’espèce européenne, il occupe les zones humides et construit ses tanières en bordure d’eau. En fonction des ressources, l’espace vital peut être de 1 à 6 km de cours d’eau. C’est un prédateur opportuniste qui se nourrit de petits mammifères, d’oiseaux aquatiques, de petits invertébrés, d’amphibiens, de reptiles et de poissons. Occupant la même niche écologique, il menace le vison d’Europe (compétition pour la nourriture et les habitats).
Origine : Amérique du Nord

Cordbicula Fluminea

Nom : Cordbicule asiatique – Corbicula Fluminea
Description : Petite coquillage de 20 à 30 mm, arrondie, de couleur jaune, qui se nourrit de phytoplancton à l’aide de deux siphons permettant la filtration d’eau. Espèce hermaphrodite, chaque individu peut libérer jusqu’à 40000 larves qui vont rapidement coloniser leur milieu. Originaire d’Asie, où elle est parfois consommée, Corbicula est apparu en France dans les années 80 et a aujourd’hui colonisé une grande partie du territoire.
Origine : Asie
Apparue de façon très rapide, la population de Cordbicule asiatique semble s'être stabilisée.

Apparue de façon très rapide, la population de Cordbicule asiatique semble s’être stabilisée.