Poissons et espèces subaquatiques

Deuxième plus grand lac naturel français en superficie, le lac de Cazaux-Sanguinet abrite une biodiversité aquatique et piscicole intéressante malgré une production primaire relativement faible.

Formation, géologie et caractéristiques du lac

Comme ses voisins de la côte aquitaine, le lac de Cazaux – Sanguinet est né suite à la formation des dunes littorales. L’action conjuguée des courants du golfe de Gascogne, des vents d’ouest et l’apport d’alluvions par les fleuves et rivières a contribué à l’obstruction des embouchures. Dans le cas du lac de Cazaux – Sanguinet, l’eau de la Gourgue s’est retrouvée prisonnière de ces barrages dunaires entrainant l’accumulation d’eau douce et la formation du lac. La formation du cordon dunaire se produit progressivement à partir de la fin de la dernière période glaciaire (-8000 ans).
Sur le littoral aquitain, seul le bassin d’Arcachon n’est pas coupé des eaux à la suite de ces phénomènes géologiques, notamment grâce au débit supérieur de la Leyre.

La formation progressive des lacs landais explique la nature du sol sableux que l’on retrouve en surface. Ce sable, caractéristique des Landes, proviendrait de l’érosion du massif pyrénéen auquel se sont mêlés d’autres minéraux issus des volcans d’Auvergne et transportés par la Dordogne.
L’alios et la garluche sont également fortement présent dans le sous-sol landais. Bien que de formation différente, il s’agit de grés formés par le sable et l’oxyde de fer. La garluche ayant un taux de fer plus élevé. Cette dernière a notamment longtemps servi de matériau de construction dans les Landes.

Le lac de Cazaux – Sanguinet est aujourd’hui alimenté par deux cours d’eau tributaires principaux : la Gourgue et le canal de l’Arreillet. Il dispose de deux exutoires. Au nord, via le canal des Landes (ou « transaquitain ») qui le relie au Bassin d’Arcachon, et dont la gestion des ouvrages hydrauliques est assurée par la Base Aérienne 120. Au sud, toujours via le canal transaquitain, où l’écluse est gérée par la Communauté de Communes des Grands Lacs. Vers le sud, il alimente tour à tour les lacs et étangs de Parentis – Biscarrosse et d’Aureilhan.
Contrairement aux autres grands lacs landais, le lac de Cazaux – Sanguinet est oligotrophe, ce qui signifie que la production primaire est faible et que le lac est donc relativement pauvre en éléments nutritifs. Cet état particulier est souvent favorable au développement d’une biodiversité spécifique (notamment des plantes), et il n’empêche pas une faune piscicole notable.

Chaines alimentaires

Au sein d’un écosystème, la diversité des êtres vivants et les interactions entre ces êtres vivants sont en grande partie influencées par leur position au sein du réseau trophique, qui décrit les rapports de nutrition.
Le réseau trophique se décompose en chaînes alimentaires, c’est-à-dire en suites d’êtres vivants où chacun se nourrit des organismes de niveau trophique moins élevé. Exemple de chaîne alimentaire

A la base de ce réseau, les producteurs sont représentés par les algues et le phytoplancton. Grâce à la photosynthèse, ces organismes sont capables de produire de la matière organique à partir de matière inorganique.
Les consommateurs primaires vont se nourrir des algues et du phytoplancton avant d’être eux-mêmes des proies pour les consommateurs secondaires. En bout de chaîne, les décomposeurs vont transformer la matière organique morte pour la restituer sous forme minérale.

Les Poissons

En dépit de son caractère oligotrophe, le lac de Cazaux-Sanguinet bénéficie d’une faune piscicole non négligeable avec une diversité importante. La majorité des espèces correspond aux espèces présentent dans la « zone à brème », caractérisée par des eaux calmes et profondes, avec une végétation importante.
Pour le poissons fourrage, il s’agit principalement de gardons, rotengles ou brèmes auxquelles s’ajoute la présence de grémilles et de goujons. Tanches et carpes sont également présents.
Concernant les carnassiers, perches et brochets sont fortement présents. Le sandre, l’anguille et, dans une moindre mesure, le black-bass nagent aussi dans les eaux du lac.
Un nombre important d’espèces sont issues d’introductions plus ou moins récentes. Parmi celles-ci, certaines sont considérées comme invasives : perche soleil, poisson chat, gambusie.
D’autres espèces ont pu être observées de façon plus occasionnelles : loche, épinoche ou épinochette notamment.

Voici une vidéo sous-marine présentant quelques espèces du lac.



Parmi les carnassiers, le brochet est sans doute le plus emblématique. D’une part, il est fortement recherché par les pêcheurs qui capturent de gros spécimens sur le lac, et, d’autre part, il s’agit du carnassier naturellement présent dans ces eaux…

Le brochet

Le brochet est sans conteste le carnassier le plus emblématique de nos eaux. Ses mensurations (pouvant régulièrement dépasser 1 mètre et 10kilos), ses caractéristiques (environ 700 dents) ainsi que son comportement de poisson chasseur généralement solitaire ont contribué à alimenter l’imaginaire des pêcheurs et des hommes en général… Sa capacité à attaquer des proies de taille conséquente (canetons, petits rongeurs) lui ont même forgé une réputation de « monstre vorace » dont on sait aujourd’hui qu’elle est très exagérée.
Ce poisson de forme allongée, aux flancs verdâtres à jaunes et tirant vers le blanc sous le ventre, affectionne les eaux calmes ou à faible courant, herbeuses, et peut également s’acclimater aux eaux saumâtres. C’est notamment le cas en mer baltique où la population de brochets est importante.

Sa reproduction intervient entre février et avril, lorsque la température se rapproche des 10 à 12 degrés. Les œufs sont déposés sur des herbiers à proximité des berges dans des profondeurs comprises entre 20 et 80cm. Ce mode de reproduction le rend particulièrement vulnérable puisque les zones de ponte doivent impérativement rester immergée au-delà de l’éclosion. Ainsi, les variations de niveau d’eau (liées aux activités humaines ou au réchauffement climatique) et l’artificialisation des berges peuvent avoir de graves conséquences pour les populations de brochets.

S’il a longtemps été considéré l’existence d’une unique espèce de brochet (Esox lucius),une étude récente a montré l’existence de plusieurs espèces . Parmi celles-ci, une espèce endémique au Sud-Ouest de la France : Esox aquitanicus ! Ce brochet aquitain, très proche d’Esox lucius, peut être difficile à identifier au premier coup d’œil : robe marbrée, museau plus court, moins d’écailles sur la ligne latérale.
Sa présence sur le lac de Cazaux Sanguinet n’est toutefois pas établie et reste incertaine. Les nombreux alevinages issus de souche Esox lucius ont pu porter préjudice aux populations de brochet aquitain. Le maintien de populations d’Esox aquitanicus semble plus vraisemblable dans de petits cours d’eau, particulièrement en 1ère catégorie. Sa présence est notamment avérée dans le Ciron.